L’exigeante cistude d’Europe (Emys orbicularis)


Seule tortue indigène de Suisse, elle fait partie des animaux les plus menacés de notre faune, mais, avec ses grandes exigences écologiques, elle est aussi considérée comme l’espèce animale la plus représentative des zones humides. Malgré sa vaste répartition au niveau mondial (du nord de l’Afrique au Moyen-Orient, en passant par l’Europe), elle n’est présente que dans les régions les plus basses de notre pays, soit sur le Plateau et au Tessin. Incapable de se reproduire au-dessus de 500 m, sa répartition naturelle est en effet limitée par l’altitude. En prime, elle ne se reproduit de loin pas dans tous les endroits où elle est présente. En effet, seules trois populations présentant une reproduction active sont connues en Suisse. Elles sont situées dans les cantons de Thurgovie, d’Argovie et de Genève. Ce dernier présente d’ailleurs une densité élevée de 64 animaux/ha, représentant plusieurs centaines d’individus répartis dans les milieux propices du canton.


Comment expliquer que si peu de populations réussissent à se reproduire dans notre pays?

 
Ce déficit de reproduction pourrait être du aux exigences élevées de l’espèce en matière d’habitats et de lieux de ponte. Si les adultes sont liés aux plans d’eau stagnante dotés d’une végétation aquatique abondante et se réchauffant rapidement, leur reproduction nécessite impérativement la présence, à proximité des plans d’eau, de milieux ouverts thermophiles à l’abri des inondations, comme des butes et des talus séchards, et assez meubles pour être creusés. La femelle y dépose en effet ses œufs dans un trou creusé à environ dix centimètres de profondeur à l’aide de ses pattes postérieures. La revitalisation et la mise en réseau de ces habitats sont donc essentielles pour assurer la survie à long terme de la cistude d’Europe.

 
Crédit photo: Xavier de Jauréguiberry (http://www.flickr.com/photos/25831000@N08/7296400130/)

Sources:
http://www.karch.ch/
MEYER A., ZUMBACH S., SCHMIDT B., MONNEY J.-C., 2009 : Les Amphibiens et les reptiles de Suisse, éd. Haupt, Berne, 336 pp.

Publié dans Reptiles de Suisse | Tagué , , , | 2 commentaires

Amazonie en danger


L’Amazonie menacée par l’action humaine

Vue aérienne de la forêt amazonienne

En faisant un peu de rangement dans mes papiers hier soir, je suis tombée sur la brochure de l’exposition Amazônia qui avait eu lieu à Lausanne en 2006. En la relisant, j’ai eu envie de vous parler de l’Amazonie.

Il s’agit de la plus grande étendue de forêt tropicale encore d’un seul tenant dans le monde. Sa taille dépassant celle de l’Europe, cela permet de se faire une idée de l’immensité qu’elle représente (environ 5 % de la superficie terrestre du globe).

Situation de l'Amazonie

Elle comprend une biodiversité incroyable, avec environ 50’000 espèces de plantes, dont 5’000 d’arbres, 311 espèces de mammifères (7 % du total mondial) et environ 1’000 espèces d’oiseaux (11 %) et un nombre infini d’insectes (estimation : 240’000 espèces, dont 60’000 déjà connues).

L’Amazonie comprend également une grande proportion d’espèces endémiques. Par exemple, 2/3 des espèces de lézards du monde n’existent que dans cette région du monde.

Le jaguar, roi de l'Amazonie

En prime, cette forêt encore en grande partie intacte participe à la régulation du climat terrestre, à la fois par le stockage de dioxyde de carbone et par l’humidité qu’elle relâche dans l’atmosphère par évapotranspiration.

Malheureusement, cette incroyable biodiversité est menacée par l’action humaine. En particulier par le déboisement progressif de la forêt pour le bois et l’agriculture. Le déboisement commence avec l’ouverture de routes dans la forêt par les marchands de bois qui l’extraient illégalement. Lorsque les arbres nobles sont prélevés, la forêt perd sa valeur marchande et le reste des arbres est abattu pour faire place aux pâturages.

Le principal front de déboisement est visible (en vert foncé) du Sud/Sud-est au Centre-ouest du Brésil

L’Amazonie est le premier producteur de bois tropical de la planète et cette exploitation constitue une grave menace pour la forêt. Chaque année, environ 10 millions d’arbres sont coupés et 70 % du bois est extrait de façon illégale et selon un mode d’exploitation non durable. Dans ce cas, pour chaque arbre haut de gamme extrait, 30 autres arbres sont abattus et, sur les 5’000 espèces d’arbres existantes, moins de 30 espèces forment les 4/5 du marché et ces espèces sont menacées.

L'acajou, espèce menacée, ne peut être commercialisée qu'avec un certificat CITES

Une exploitation raisonnée des ressources en bois représente pourtant un des moyens les plus importants de développement durable pour la région. Une partie de l’exploitation se fait déjà selon ce mode d’exploitation. Lors de l’abattage, les lianes sont retirées pour que l’arbre coupé n’entraîne pas les arbres voisins dans sa chute. Le tronc est soigneusement transporté et la perte à la scierie est réduite. La forêt reste vivante et l’assolement des lots rend possible leur exploitation tous les 30 ans. Plusieurs expériences n’utilisant que les troncs tombés naturellement ont également été réalisées.

En raison de la surveillance rigoureuse exercée par le gouvernement – la Loi de la Nature brésilienne, promulguée en 1998, est la 1ère au monde à considérer les exploitants illégaux comme criminellement responsables et la forêt est surveillée par satellite – et des exigences des consommateurs, la surface de bois certifiée est en augmentation (actuellement plus d’1 million d’hectares est certifié FSC).

Le logo FSC est à rechercher lors d'achat de bois ou de ses produits dérivés

Malgré tous ces efforts, il semble que la déforestation ne recule pas, il est donc important d’acheter uniquement du bois certifié d’exploitation durable, vendu sous le label FSC – ou du bois d’origine suisse (même si des améliorations au niveau de promotion de la biodiversité des forêts doivent encore être apportées, la loi de notre pays protège les forêts dont la surface doit rester égale).

Il existe également la possibilité de soutenir le WWF dans la création de zones protégées en offrant un certificat Amazonie (document certifiant votre soutien et Cd-rom contenant de nombreuses informations sur le sujet) disponible sur le site www.shop.wwf.ch.

 

Autres sites intéressants :

  • http://www.deforestation-amazonie.org/ (site comprend des informations sur la déforestation, ainsi qu’une pétition pour la sauvegarde de l’Amazonie)
  • www.wwf.ch/foret (site du WWF concernant la protection des forêts avec des liens vers différents thèmes)
  • www.zero-deforestation.org (site d’une association aidant les habitants de la forêt amazonienne contenant diverses informations, ainsi qu’une proposition de voyage solidaire)
  • www.bois-amazonien.org (site sur la gestion forestière durable en Amazonie brésilienne)
  • http://fr.mongabay.com/ (www.mongabay.com pour la version anglaise, sites avec de nombreux articles sur les forêts tropicales et tempérées du monde)
  • www.fsc.org (site du Forest Stewardship Council, certification des produits à base de bois)

 

Sources :

Photographies : terresacree.org, fr.wikipedia.org, animaldanger.com, mappemonde.mgm.fr, wwf.be, mondoeco.ch

Publié dans Conservation de la Nature, Développement durable | Tagué , , , , , | 1 commentaire

Poésie: The Tiger by William Blake


Tiger, tiger, burning bright
In the forests of the night,
What immortal hand or eye
Could frame thy fearful symmetry?

In what distant deeps or skies
Burnt the fire of thine eyes?
On what wings dare he aspire?
What the hand dare seize the fire?

And what shoulder and what art
Could twist the sinews of thy heart?
And when thy heart began to beat,
What dread hand and what dread feet?

What the hammer? what the chain?
In what furnace was thy brain?
What the anvil? What dread grasp
Dare its deadly terrors clasp?

When the stars threw down their spears,
And water’d heaven with their tears,
Did He smile His work to see?
Did He who made the lamb make thee?

Tiger, tiger, burning bright
In the forests of the night,
What immortal hand or eye
Dare frame thy fearful symmetry?

_________________________________

Tigre! Tigre! feu et flamme
Dans les forêts de la nuit,
Quelle main ou quel oeil immortel,
Put façonner ta formidable symétrie?

Dans quels abîmes, quels cieux lointains
Brûla le feu de tes prunelles?
Quelle aile osa y aspirer?
Quelle main osa saisir ce feu?

Quelle épaule, quel savoir-faire
tordirent les fibres de ton coeur?
Et quand ce coeur se mit à battre,
quelle terrible main? Quels terribles pieds ?

Quel fut le marteau ? Quelle la chaîne ?
Dans quel brasier fut ton cerveau ?
Sur quelle enclume ? Et quelle terrible étreinte
Osa enclore ses mortelles terreurs ?

Quand les étoiles jetèrent leurs lances
Et baignèrent le ciel de leurs larmes,
A-t-il souri à la vue de son oeuvre ?
Celui qui fit l’Agneau, est-ce lui qui te fit ?

Tigre ! Tigre ! feu et flamme
Dans les forêts de la nuit,
Quelle main, quel oeil immortel
Osèrent façonner ta formidable symétrie ?

 

Source de l’image: http://funweb.epfl.ch/sites/fichiers/2010-12-vaud/icintf104/les%20race%20de%20tigre.html

Publié dans Poésie | Tagué , , | 1 commentaire

Prairies fleuries en danger


Si 70 % de la population suisse pensent que la biodiversité  de leur pays se porte bien, il en ai autre chose lorsque l’on y regarde de plus près. En effet, depuis le début du 20e siècle, 36 % des zones alluviales, 82 % des marais et 95 % des prairies et pâturages secs de Suisse ont disparu.

Les prairies fleuries illustrent bien quant à elles ce phénomène de disparition de milieux riches et varié au profit de paysages toujours plus uniformes. Leur évolution est facile à documenter. Pour ce faire, il suffit de comparer les photographies de ces prairies prises à quelques dizaines d’années d’intervalle. Parfois, comme si dessous, la différence peut être frappante à peine 10 ans après la première photographie.

Dombresson (NE): en 2000, cette prairie montrait une bonne diversité d’espèces et de couleurs. En 2010 déjà, cette même prairie est dominée par le dactyle, une espèce des prairies grasses, et la richesse florale a nettement décliné.

La pression constante exercée sur l’agriculture pour qu’elle produise meilleur marché et les incitations financières (paiements directs) ont poussé à une exploitation intensive des prairies. En un siècle, le temps nécessaire à une personne pour faucher un hectare de prairie est passé de 20 heures à 40 minutes, alors que le rendement d’une prairie fourragère moyenne a quadruplé durant cette même période. Le recours aux engrais chimiques et au lisier a dopé la production des prairies, ce qui permet de les faucher plus souvent. Pour ne plus dépendre de la météo, la récolte est souvent ensilée et, avec elle, les sauterelles et les chenilles de papillons. Lorsque la fauche ne reste pas sécher sur place, comme dans le cas de l’ensilage, les graines des plantes ne peuvent pas tomber au sol et produire de nouvelles plantes l’année suivante. Même dans les endroits où l’on continue à produire du foin, on a souvent recours à des faucheuses conditionneuses qui tuent au passage plus de 50 % des insectes et autres animaux peuplant la prairie.

Pour atteindre de meilleurs rendements, les prairies sont de plus en plus souvent réensemencées avec des mélanges pauvres en espèces. Les prés trop pentus sont transformés en pâturages, les parcelles trop sèches arrosées et celles trop humides asséchées par drainage. Ces mesures entraînent une uniformisation des prairies, les rendant plus grasses, plus acides, avec un sol à humidité idéale pour la production et compacté par les lourdes machines.

Dans ces conditions, les nombreuses espèces typiques des prairies fleuries ne peuvent faire le poids. Incapables de grainer à cause des fauches trop rapprochées, elles sont évincées par une poignée d’espèces à croissance rapide, comme le trèfle blanc, la dent-de-lion et le dactyle, et finissent par disparaître.

Dans les années 50, les prairies les plus grasses de Zurich présentaient en moyenne 25 espèces typiques de la prairie à fromental, alors qu’aujourd’hui elles n’en comptent plus que 9, soit une perte de 64 %. En suisse orientale, la proportion de ces prairies est passée en 60 ans de plus de 50 % à 8 % tout au plus. Une étude menée en 2009 sur 81 prairies dans toute la Suisse a mis en évidence une diminution de plus de la moitié des espèces en 120 ans. Les prairies grasses de montagne quant à elles ont perdu 15 % de leurs espèces en 60 ans.

Si cette diminution reste encore moins visible dans le Jura et les Préalpes, c’est que le processus de disparition est encore en plein essor. L’apport d’engrais permet l’implantation d’espèces des prairies grasses dans les prairies maigres, ce qui a entraîné une augmentation temporaire du nombre d’espèces. Mais cette tendance va se renverser avec la disparition prochaine et complète des espèces de prairies maigres qui ont pu se maintenir tant bien que mal durant cette période de transition. Malheureusement, cette augmentation provisoire de la biodiversité a été montée en épingle par de nombreux médias. Ces prochaines années, les organisations environnementales devront s’efforcer de corriger cette vision trop positive de l’état de la biodiversité en Suisse en montrant la situation réelle. Car, pour que les mesures d’urgence nécessaires à la protection et à la promotion de la biodiversité soient acceptées au niveau politique et économique, il faudra d’abord réaliser à quel point celle-ci est mal en point.

 

Source : article Dis-moi, mais où sont passées les fleurs ? de Wolfang Bischoff, Pro Natura magazine 03, mai 2011.

D’autres informations sur ce sujet sont disponibles sur : www.pronatura.ch/biodiversite.

 

Publié dans Conservation de la Nature | Tagué , , | 2 commentaires

Gandhi et la question de l’euthanasie


« Il y a quelques jours, à l’âshram, un veau qui s’était blessé, gisait sur le sol, en pleine agonie. L’animal avait reçu tous les soins possibles. Mais, selon le vétérinaire que nous avions consulté, le cas était désespéré. La pauvre bête souffrait tellement que le moindre mouvement la faisait hurler de douleur.

Dans ces circonstances, j’estimais que la pitié la plus élémentaire exigeait qu’on mît fin à cette agonie en achevant l’animal. La question fut soulevée en présence de tous les membres de l’âshram. Au cours de la discussion, un voisin fort estimable s’opposa avec véhémence à ma suggestion. Selon lui, on n’a pas le droit de détruire ce qu’on est incapable de créer. Cet argument aurait été valable si on agissait en l’occurrence dans un intérêt égoïste. Mais ce n’était pas le cas. Finalement, en toute humilité mais sans la moindre hésitation, je fis donner le coup de grâce à l’animal en demandant au vétérinaire de le piquer. Ce fut l’affaire de deux minutes.

Je savais que l’opinion publique, surtout à Ahmedabad, me désavouerait et verrait dans mon acte un manquement à l’ahimsa (la non-violence). Mais je sais non moins bien qu’il faut faire son devoir sans se soucier de l’opinion des autres. J’ai toujours considéré que chacun devait agir selon sa propre conscience, même si les autres vous donnent tort. L’expérience a confirmé à mes yeux le bien-fondé de ce principe, c’est ce qui fait dire au poète : « le sentier de l’amour passe par l’épreuve du feu ; les timorés s’en détournent ». Le sentier de l’ahimsa, c’est-à-dire de l’amour, doit souvent être parcouru en toute solitude.

On pourrait, non sans raison, me poser la question : auriez-vous procédé de la même manière si, au lieu d’un veau, vous aviez eu affaire à un être humain ? Aimeriez-vous qu’on vous traite de la même façon ? Je réponds : « oui ». Le même principe vaut pour les deux cas. Ce qui s’applique à une situation doit toujours être applicable à toutes. Cette règle ne souffre aucune exception, ou alors le fait de tuer ce veau était un acte mauvais et violent. Toutefois, si on n’abrège pas les souffrances des êtres qui nous sont chers, en mettant un terme à leurs jours, c’est qu’en général on dispose d’autres moyens pour les secourir et qu’ils peuvent eux-mêmes décider en connaissance de cause. Mais, supposons qu’un ami se débatte dans les affres de l’agonie. Le mal dont il souffre est incurable et je ne peux rien pour atténuer son supplice. Dans ce cas, s’il n’a même plus de conscience réfléchie, le recours à l’euthanasie ne me semblerait nullement contraire aux principes de l’ahimsa.

De même qu’un chirurgien ne se rend coupable d’aucune violence quand il manie le scalpel, de même il se peut qu’on doive, dans certains cas exceptionnels, faire un pas de plus en supprimant la vie à celui dont le corps se débat dans la souffrance et ce, dans le seul intérêt du patient. On pourrait rétorquer que le chirurgien fait exactement le contraire puisqu’il opère son malade pour lui sauver la vie. Mais une analyse moins superficielle montre que, dans les deux cas, le but recherché est en définitive le même. Il s’agit de soulager l’âme intérieure de la douleur qui l’atteint à travers le corps. Dans un cas, on y parvient en retranchant du corps la partie atteinte par le mal, et dans l’autre cas, on sépare de l’âme le corps tout entier parce qu’il est devenu pour elle un instrument de torture. Dans ces deux situations, le but recherché est bien de remédier à ce qui fait souffrir l’âme. Une fois que la vie a quitté le corps, il ne peut plus éprouver ni plaisir ni douleur. On pourrait d’ailleurs imaginer d’autres circonstances où ce serait faire preuve de violence que de ne pas tuer, et satisfaire à l’ahimsa que de donner la mort à quelqu’un. Si on menaçait de violer ma fille… et qu’il n’y ait aucun moyen de la sauver, j’agirais selon les exigences les plus pures de l’ahimsa si je mettais fin à sa vie, quitte à m’exposer ensuite à la colère du forcené.

L’ennui avec nos sectaires de l’ahimsa est qu’ils en font un fétiche qu’ils vénèrent aveuglément. De la sorte, ils opposent le plus grand obstacle à ce que la véritable ahimsa se répande parmi nous. L’opinion courante et, selon moi, erronée qu’on se fait de l’ahimsa, a peu à peu endormi notre conscience et nous a rendus insensibles à mille autres formes bien plus insidieuses de violence telles que les paroles méchantes, les jugements sévères, la malveillance, la colère, le mépris, et le désir de cruauté. Faire souffrir à petit feu les hommes et les animaux, faire mourir de faim et exploiter ceux qu’on a réduits à sa merci pour mieux en tirer profit, humilier et opprimer sans motif les faibles et tuer leur dignité comme cela se voit chaque jour autour de nous, tous ces actes sont autrement plus empreints de violence que le fait de supprimer une vie par simple bienveillance. Qui peut douter un seul instant qu’il eût été plus humain d’exécuter sommairement ceux qui, sur l’ignominieux chemin d’Amritsar, furent réduits par leurs bourreaux à ramper sur le ventre comme des vers de terre ? Si quelqu’un s’avisait de me répondre qu’aujourd’hui ces gens ne partagent pas ma manière de voir et que même s’ils ont dû ramper sur le sol, ils ne s’en portent pas plus mal, je lui ferais remarquer sans hésitation qu’il ignore tous les rudiments de l’ahimsa. Il peut se présenter certaines situations auxquelles on ne peut faire face qu’en renonçant à la vie. C’est faire preuve d’une méconnaissance totale des fondements de l’ahimsa que d’ignorer cet aspect primordial de notre condition humaine. Par exemple, un zélateur de la vérité devrait demander à Dieu de recevoir la mort plutôt que de vivre dans le mensonge. De même, tout défenseur de l’ahimsa devrait supplier à genoux son ennemi de le mettre à mort plutôt que de l’humilier ou de lui infliger un traitement contraire à la dignité humaine. Comme l’a dit un poète : « Le chemin du Seigneur est ouvert aux héros et fermés aux lâches ».

Si on ne réduisait pas toute la portée de l’ahimsa au simple fait de ne pas tuer, notre pays ne  se rendrait pas coupable de tous ces actes de violence qui sont commis au non même de l’ahimsa. Il en irait tout autrement si on ne se méprenait pas si grossièrement sur la nature et le champs d’action de l’ahimsa et si l’on n’entretenait une échelle de valeurs aussi confuse. »

Texte tiré du livre Gandhi, la voie de la non-violence, recueil de textes par et sur Gandhi, dont An autobiography or the story of my experiments with truth par M. K. Gandhi et publié en 1927.

Publié dans Droits humains | Tagué , , | Laisser un commentaire

22 mars: Journée mondiale de l’eau


Le 22 mars a été déclaré Journée mondiale de l’eau. Une bonne occasion pour rappeler que l’eau potable est vitale.

Si dans de nombreuses parties du monde, l’eau du robinet n’est pas potable, elle l’est dans des villes occidentales comme la mienne, Lausanne en Suisse. En effet, notre service d’approvisionnement en eau (eauservice) propose « une eau de qualité, inodore, incolore et sans faux goût. Des analyses pointues permettent également de répondre aux exigences de la loi sur les denrées alimentaires. Contenant du calcium et du magnésium, l’eau du robinet est une eau riche en minéraux qui renforcent notre organisme, sans imposer un conditionnement en bouteille ou des transports gourmands en énergie. Elle ne génère ainsi pas de déchets ni de pollution. »

Et pourtant nombre de mes concitoyens continuent à acheter de l’eau en bouteille qui leur coûte en moyenne 120 fois plus cher que l’eau du robinet. Nous pouvons donc nous interroger sur les raisons qui poussent les gens à continuer à acheter une eau à la fois cher et polluante. En effet la production et le transport de l’eau en bouteille consomme beaucoup d’énergie grise et contribue à faire augmenter nos rejets de CO2 dans l’atmosphère. Pour les personnes préférant l’eau gazeuse à l’eau plate, il existe des machines capables de transformer l’eau plate en eau gazeuse. Et si l’achat de bouteille d’eau ne peut être éviter (comme dans les pays où l’eau du robinet est non potable), il serait préférable de privilégier l’eau minérale locale, afin de diminuer la pollution engendrée.

La préservation de nos ressources en eau est également d’une importance vitale. Le service d’assainissement de Lausanne a donc édité les 10 commandements suivants:

1- Je ne fais pas la vaisselle sous l’eau courante, pour protéger l’environnement et éviter les dépenses d’énergie superflues

2- Pour réduire ma consommation d’eau, j’opte pour une douche plutôt qu’un bain

3- Lorsque que je me brosse les dents – ou que je me shampouine les cheveux (ajout personnel) – je ne laisse pas couler le robinet.

4- Je ne jette pas mes résidus toxiques dans les égouts ou les WC. Je les confie à la déchèterie.

5- Je ne jette pas mes médicaments périmés dans les WC. Je les rapporte au pharmacien.

6- Je ne jette pas les restes de repas et déchets végétaux dans les toilettes. Les premiers vont à la poubelle, les seconds au compost.

7- Je ne jette pas de lingettes, tampons, serviettes, ni ouate ou cotons-tiges dans la cuvette des WC, mais directement à la poubelle.

8- Je ne tire pas la chasse d’eau pour un rien: à chaque fois je préserve 9 litres d’eau potable.
Ajout personnel: si ma chasse d’eau est équipée de deux boutons, j’utilise le plus souvent possible le plus petit (soit la plus petite quantité d’eau; selon mon expérience personnelle, ça marche dans la majorité des cas ;-)). Si ma chasse d’eau n’a qu’un bouton, mais que j’ai accès au réservoir d’eau, j’y place une bouteille de PET d’1,5 l remplie d’eau. C’est tout ça d’économiser à chaque fois…

9- Je lave ma voiture, ou mon bateau, uniquement aux endroits prévus à cet effet ou je renonce à tout savonnage.
Ajout personnel: je choisi un détergent biodégradable.

10- Je recycle l’huile de vidange pour éviter de graves pollutions de la nature.
Ajout personnel: dans certains quartier, des réservoirs spéciaux pour les huiles minérales et les huiles végétales sont mis à disposition des habitants à côté des autres poubelles, sinon ces huiles peuvent aussi être amenées à la déchèterie.

Pour conclure, n’oublions pas qu’il ne suffit pas de penser à l’eau un jour par année. Il faut y penser tous les jours, dans nos actes quotidiens, car sans eau potable la vie ne peut être.

Sources:
– Plaquette « A vos robinets » d’eauservice (www.lausanne.ch/eau2007)
– Brochure  » Les 10 commandements pour préserver nos ressources en eau » du Service d’assainissement de Lausanne (www.lausanne.ch/assainissement)
– Image: http://www.liveearth.org

Publié dans Développement durable, Eau | Tagué , , | Laisser un commentaire

Ecosia : cliquer pour sauver la forêt tropicale !


Il y a quelques temps, un amis m’a fait découvrir un nouveau moteur de recherche au concept novateur :

Ecosia (www.ecosia.org) est un moteur de recherche écologique qui reverse 80 % de ses bénéfices à un projet du WWF ayant pour but de préserver la forêt amazonienne. Chaque recherche effectuée permet de sauver en moyenne 2 m2 de forêt tropicale, sans dépenser un centime.

En plus de cela, la totalité des serveurs d’Ecosia est alimenté par de l’électricité verte (produite à base d’énergies renouvelables) et n’émet donc pas de CO2.

Bilan actuel : cette initiative a permis de sauvegarder plus de 150 millions de mètres carrés de la forêt tropicale amazonienne.

Rappelons que cette immense forêt est certainement le milieu le plus menacé au monde, mais également le plus grand réservoir à CO2 que nous aillons, ce qui rend sa conservation essentielle.

Enfin, pour en savoir plus sur Ecosia, n’hésitez pas à consulter leur site et à visionner cette sympathique vidéo expliquant son concept :

Publié dans Conservation de la Nature, Développement durable | Laisser un commentaire