Une prise de conscience à la fois précoce et tardive


Venant de terminer le livre de Dominique Bourg et Gilles-Laurent Rayssac sur le Développement durable (Le développement durable, maintenant ou jamais, aux éditions Découvertes Gallimard, 2006), je me dois de vous transmettre un texte cité dans ce livre et écrit par Jean-Baptiste de Monet, plus connu sous le nom de chevalier de Lamarck (1744-1829) :

 » L’homme, par son égoïsme trop peu clairvoyant pour ses propres intérêts, par son penchant à jouir de tout ce qui est à sa disposition, en un mot, par son insouciance pour l’avenir et pour ses semblables, semble travailler à l’anéantissement de ses moyens de conservation et à la destruction même de sa propre espèce. En détruisant partout les grands végétaux qui protégeaient le sol, pour des objets qui satisfont son avidité du moment, il amène rapidement à la stérilité ce sol qu’il habite, donne lieu au tarissement des sources, en écarte les animaux qui y trouvaient leur subsistance et fait que de grandes parties du globe, autrefois très fertiles et très peuplées à tous égards, sont maintenant nues, stériles, inhabitables et désertes […] On dirait que l’homme est destiné à s’exterminer lui-même après avoir rendu le globe inhabitable. »

Tiré de son oeuvre, le Système analytique des connaissances positives de l’homme restreintes à celles qui proviennent directement ou indirectement de l’observation« , J.-B. Baillière, Paris, 1830.

Il est impressionnant de voir que cet éminent naturaliste du XVIIIe et XIXe siècle avait, comme d’autres de ces contemporains, déjà une vision aussi nette, et pessimiste, de l’action négative des activités de l’homme sur notre planète.

Alors que la question de notre impact sur la nature ne se pose réellement au niveau médiatique que depuis quelques années, avec la question du changement climatique, il est intéressant de se demander pourquoi la voix de tels « visionnaires » n’ont pas été écoutées plus tôt. Mais comme ce texte le laisse entendre, peut-être l’homme a-t-il tout simplement été trop égoïste et préoccupé par ses intérêts personnels, dans le cadre d’une vision à court terme, pour se préoccuper des problèmes globaux que subit notre terre avant que ceux-ci n’apparaissent comme menaçants pour ses propres intérêts et, éventuellement, ceux de ses enfants.

Enfin, je vous encourage à lire le livre de Dominique Bourg et Gilles-Laurent Rayssac qui explique en des termes simples, sans être simplistes, le développement durable, ses moyens et ses enjeux. Enfin, la partie « Témoignages et documents » placée à la fin du livre, et dont est tiré ce texte du chevalier de Lamarck, est des plus intéressante, en outre pour ses nombreux témoignages historiques.

En vous souhaitant bonne lecture.

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A propos Caroline Sonnay

Diplômée en biologie de l’Université de Lausanne, je suis intéressée à la fois par la protection de la nature, le développement durable et la défense des droits de l’homme. Pour plus de détails, regarder sous l'onglet "about me" de mon blog (https://carolinesonnay.wordpress.com/about/). Vous trouverez la description de mon activité professionnelle sur mon site internet (https://csonnay.wordpress.com/).
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